文本歌词
Maintenant que le père de Pelléas est sauvéet que la maladie, la vieille servante de la mort,a quitté le château, un peu de joieet un peu de soleil vont enfin rentrer dans la maison...Il était temps! Car depuis ta venue,on n'a vu ici qu'en chuchotant autour d'une chambre fermée...Et vraiment, j'avais pitié toi, Mélisande...Je t'observais, tu étais là, insouciante peut-être,mais avec l'air étrange et égaré de quelqu'unqui attendrait toujours un grand malheur, au soleil, dans un beau jardin...Je ne puis pas expliquer...mais j'étais triste de te voir ainsi,car tu es trop jeune et trop belle pour vivre déjà jouret nuit sous l'haleine de la mort...Mais à présent tout cela va changer.A mon âge, et c'est peut-être là le fruit le plus sûr de ma vie,A mon âge, j'ai acquis je ne sais quelle foi à la fidélité des évènements,et j'ai toujours vu que tout être jeuneet bea créait autour de lui des évènements jeunes, beaux et heureux...Et c'est toi, maintenant, qui vas ouvrir la portA l'ére nouvelle que j'entrevois...Viens ici; pourquoi restes-tu là sans répondre et sans lever les yeux?Je ne t'ai embrassée qu'une seule fois jusqu'ici, le jour de ta venue;et cependant les vieillards ont besoin quelquefois,de toucher de leurs lèvres le front d'une femme ou la joue d'un enfant,pour croire à la fraîcheur de la vieet éloigner un moment les menaces de la mort.As-tu peur de mes vieilles lèvres?Comme j'avais pitié de toi ces mois-ci...Grand-père, je n'étais pas malheureuse.Laisse-moi te regarder ainsi, de tout près, un moment!...On a tant besoin de beauté aux côtés de la mort...